Depuis la fin du XIXe siècle et encore aujourd'hui, Thouars vit en lien avec le chemin de fer. Thouars fait partie de ces nombreuses " villes cheminotes ", cités où l'implantation d'une gare a bouleversé puis dopé la croissance et l'économie locale. Que serait Thouars sans cette fabuleuse histoire du chemin de fer ? Une ville bien plus petite aujourd'hui.
Pour commencer l'évocation de cette histoire récente, intéressons-nous à la construction des lignes et des ouvrages d'art liés. En 1854, le projet d'une ligne de chemin de fer Tours-Les Sables d'Olonne est présenté pour la première fois.

Viaduc en 1909
Cette ligne est commandée par la Compagnie des Chemins de Fer de la Vendée. Prévue initialement à Fertevault, la gare est finalement construite sur la commune des Hameaux, plus proche de la ville. Pour traverser la vallée du Thouet, la construction d'un ouvrage d'art de grandes dimensions est indispensable pour relier Saint-Jacques de Thouars et Thouars.
Pour réaliser cet ouvrage d'art, la compagnie de la Vendée va choisir comme entrepreneur la compagnie Eiffel, déjà réputée pour ses constructions métalliques de grande qualité. En effet, depuis 1865, Gustave Eiffel propose trois innovations majeures pour ce type de construction : la préférence pour le fer forgé (au lieu de la fonte) ; l'attention scrupuleuse à la résistance au vent (par l'utilisation de tabliers et de piles en treillis métalliques) et une nouvelle méthode de montage (avancée du tablier dans le vide jusqu'à la construction de la pile suivante.
Viaduc vers 1950, carte postale ancienne
La compagnie de la Vendée passe commande à Eiffel, en 1871, pour la construction de plusieurs viaducs sur la ligne Tours-les Sables d'Olonne : un viaduc à Thouars sur le Thouet ; à Chinon sur la Vienne et à Azay-le-Rideau sur l'Indre. Ces viaducs sont en fait conçus par l'ingénieur en chef de la compagnie de la Vendée, G. TYNDALL et réalisés par la compagnie Eiffel. Le viaduc de Thouars, construit de 1871 à 1873, comprend un tablier métallique reposant sur trois piles de fonte aux soubassements en maçonnerie. Son tablier est à 44 mètres au dessus du Thouet et mesure 190 mètres.
Le Pacific 231 G 558 sur le viaduc en juin 2000
Suite à la construction en 1882 de la Ligne Chartres-Bordeaux, concédée aux chemins de fer de l'Etat, un second tablier est ajouté sur ces mêmes piles en 1887. Une nouvelle modification de la structure de l'ouvrage intervient entre 1914 et 1915, lorsque les ingénieurs consolident le tablier et les piles en enrobant ces dernières de béton armé parementé de pierres de granit afin de permettre le passage de trains plus lourds. Ces travaux sont liés aux mesures prises à la suite de l'effondrement du pont de Montreuil-Bellay sous le poids d'un train de marchandises le 23 novembre 1913. Au mois d'août 1944, les Allemands font sauter une des piles et le tablier. L'ouvrage est reconstruit à partir de 1946.
Le viaduc en juin 2005
Suite au déplacement de la ligne Paris-Bordeaux par Poitiers en 1938, la gare de Thouars subit un déclin de son service voyageurs. Le passage en voie unique du viaduc de Thouars, lors de sa reconstruction tardive en 1947 va de nouveau handicaper le trafic des voyageurs de la région.
Aujourd'hui, le viaduc de Thouars est traversé quotidiennement par une dizaine de trains, essentiellement des trains de pierres à ballast provenant des carrières de la région de Saint-Varent, de Mauzé Thouarsais et Luché Thouarsais, des trains de ciment (Cimenteries d'Airvault), de céréales ou d'engrais, mais aussi des voyageurs pour Bressuire en T.E.R.
Le viaduc en juin 2005
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